Vendredi 9 janvier 2009

Premier conte :

        Joffrey, assis sur son lit, le dos bien calé par des oreillers, regardait par delà la fenêtre.

Le vent soufflait fort. Il pouvait voir les feuilles d’automne virevolter à la faible lueur de la lune. Il n’arrivait pas à détacher son regard de ces ballets incessants. Des feuilles cuivrées, dorées semblaient être happées par une sorte de spirale d’où elles ne parvenaient pas à s’échapper.

Demain, demain il allait avoir 10 ans ! Voilà pourquoi ce soir, il ne parvenait pas à dormir.

Ses parents allaient-ils lui offrir un cadeau, pour une fois ? Oui, juste une fois ! Dix ans c’est important. Dans 10 il y a 2 chiffres. Et 2 chiffres cela signifie que l’on entre dans le monde des grands !

 

Des bruits de pas dans le couloir, des voix…

- Aller Arthur, viens te coucher que diable. Il est plus de minuit ! 

- Oh, tu ne vas pas m’embêter tous les soirs Hermine. Laisse-moi donc boire en paix ! 

- En paix, en paix, c’est tout ce que tu sais dire. Tu as assez bu comme cela ! 

 

 Joffrey entend l’homme ricaner. Il hoche tristement la tête : « Je sais que mon père est malheureux. Ce n’est pas un ivrogne ! Il boit juste pour oublier… Pauvre maman qui doit supporter tout ça ! Si seulement mes parents avaient du travail ! Si seulement mes parents avaient un peu d’argent !»

 

Les voix reprennent de plus belle !

- Tu sais que demain c’est l’anniversaire du petit ! 

- Du quoi ?  Fait le père

- Du petit, de Joffrey. Enfin Arthur, tu n’as pas oublié tout de même ! 

- Mais je m’en fiche moi de son anniversaire à celui-là ! Tu ne crois tout de même pas que nous avons de l’argent à dépenser  pour lui non ! 

- Ne te fais pas plus méchant que tu ne l’es Arthur, et ce n’est pas avec la boisson que les choses vont s’arranger ! 

- C’est ça oui, et le travail va nous tomber dessus demain c’est cela ? Comment veux-tu que je gâte notre fils sans argent ? Comment veux-tu que je fasse? Que j’aille voler sans doute ?

- Tu n’es qu’un idiot mon mari, un idiot ! 

- Comment ma femme, que me dis-tu là. Attends que je t’attrape ! 

Des cris, des bruits, un claquement de porte et puis plus rien… Le silence….

 

Joffrey a tout entendu. Une petite larme coule le long de sa joue blanche. Elle court sur ses lèvres et glisse sur son menton. Comme suspendue à un fil, la petite larme ne tombe pas et chose étrange, elle grossit. Quelques instants plus tard, c’est une énorme goutte de larme qui semble se mouvoir dans le vide… Joffrey, perdu dans ses songes, n’a pas vu la larme grossir sous son menton, mais au moment où il veut porter la main à son visage pour l’essuyer, il découvre l’incroyable.

- Mais qu’est-ce que ! Au secours ! Hurle-t-il

Dans la chambre du rez-de-chaussée, personne ne l’entend. Ses parents sont bien trop occupés à se disputer. C’est un silence effrayant qui recouvre tout le premier étage.

 

C’est alors qu’une main fine à la peau de velours, apparait près du visage de Joffrey. Apeuré, Joffrey se redresse tout contre le dos du lit. La main suit le mouvement. Mais elle le fait tout en douceur et étrangement Joffrey comprend soudain qu’il n’a pas à avoir peur d’elle. Un petit visage rond, comme un brouillard, apparait dans la pénombre, juste là, à sa gauche, à une trentaine de centimètres de lui. Ce visage nuage sans regard lui sourit. Joffrey ouvre tout grands ses yeux comme fasciné par cette apparition.   

- N’aies pas peur, Lui dit le visage nuage sans regard, je suis là pour toi ce soir.

- Pour, pour moi ? Dit Joffrey en ravalant sa salive

- Oui petit garçon. Je suis là parce que tu m’as appelé. 

- Euh, non madame, monsieur, euh, je n’ai appelé personne moi ! 

- Tu m’as appelé dans tes rêves, dans tes espoirs Joffrey … 

Joffrey se frotte les yeux. Il se heurte à la grosse goutte de larme toujours en suspens sous son menton. Prestement il retire ses mains et les laisse ainsi en l’air, de chaque côté de son visage.

- Et ça, c’est quoi ça ? Lance-t-il à travers une plainte.

- Oh, excuse-moi, je suis un peu tête en l’air. Tête en l’air, tiens, c’est marrant ça ! Ah ah ah. Bon reprenons. Hum hum…

Avec un mouvement gracieux, la main fine à la peau de velours se place juste sous la grosse goutte de larme.

- Ca, dit le visage nuage, ça c’est ton chagrin. Regarde ! 

La grosse goutte de larme se détache et rebondit sur la main fine à la peau de velours. La grosse goutte n’éclate pas, elle dodeline doucement tout en gardant sa forme initiale.

Joffrey a les yeux écarquillés. Il sait qu’il va se passer quelque chose…

La grosse goutte de larme scintille, s’éclaire de mille petites lumières.

- Regarde ! Dit encore le visage nuage

 

Et comme dans une boule de cristal, Joffrey voit se dérouler une scène qu’il n’aurait jamais pu imaginer, même dans ses rêves les plus insensés.

Ses parents sont affalés dans le divan du salon. Le cadran de la vieille horloge affiche 8 heures. Soudain il voit sa mère se lever et se diriger vers la porte d’entrée. Un homme élégant, costume de choix et chapeau haut de forme entre dans la maisonnette suivi par Hermine qui semble bien embarrassée. Il se dirige vers le père qui se lève d’un seul bond. L’homme élégant lui tend quelque chose.

- Qu’est-ce que c’est ? Demande Joffrey

- Un miracle, Répondit le visage nuage. Tu verras demain. Demain matin, à 8 heures. Lorsque tu entendras la cloche de l’entrée sonner, glisse-toi en haut des escaliers. Ne te fais pas voir, ne dis rien, et attends… 

- Mais, mais….. 

Joffrey n’a pas le temps de terminer sa phrase. La grosse goutte de larme disparait comme par enchantement, la main fine à la peau de velours et le visage nuage qui sourit s’effacent pour laisser place à une fine poussière d’étoiles qui a son tour se dissipe dans l’obscurité. Le vent dehors s’est calmé. Il n’y a plus de feuilles qui tourbillonnent. A droite de l’arbre, la lune auréolée de nuages semble lui sourire.

- Ce sourire…, Murmure Joffrey.
Il aimerait bien aller jusqu’au bout de la nuit, garder ses yeux ouverts, mais le sommeil le cloue sur place. Il s’endort assis, la bouche entrouverte, le menton sur la poitrine.

 

Il fait jour. Le chant du coq de la ferme voisine le réveille en sursaut

« Oh lala, mais quelle heure est-il mon Dieu ? »

Joffrey sort en trombe de sa chambre, court en pyjama le long du couloir. Le plancher crisse sous ses pas. Se rappelant les conseils du visage nuage, il s’arrête soudain à mi-chemin. « Pas de bruit, je ne dois pas faire du bruit…. » Il avance à pas de velours, et s’assoit tout en douceur en haut de l’escalier de bois. Il est en avance de 5 bonnes minutes. Ses parents sont assis sur le divan. Le père boit du café noir tandis que la mère caresse d’une main distraite un vieux chat au poil grisonnant.  

« C’est un peu comme dans la boule de cristal d’hier » murmura Joffrey. Mes parents sont bien là, et si je regarde la pendule, je vois que la grande aiguille sera bientôt sur le chiffre 12… Ce n’était pas un rêve… »

 

La pendule du salon sonne enfin 8 coups. Joffrey a du mal à retenir son souffle. Une minute passe, puis deux,  puis trois. Toujours rien !

« Quel bêta je fais… » Se dit-il en soupirant

Mais au moment où le cœur empli de tristesse il allait se lever pour regagner sa chambre, la cloche de l’entrée retentit dans la maison. Son sang ne fit qu’un tour.

  

- Qui peut bien sonner à cette heure ci ? Sans doute quelqu’un à qui nous devons encore de l’argent ! Dit le père en ronchonnant,  Hermine, va donc ouvrir !

Hésitante la mère se lève et se dirige à petits pas vers le vestibule.

« Aller, aller vas-y » semble dire le père entre ses lèvres.

Prenant son courage à deux mains, la mère ouvre la porte….

 

 Un homme élégant, costume de choix et chapeau haut de forme entre dans le salon suivi d’Hermine qui n’en croit pas ses yeux. Il se dirige vers le père, qui surpris se lève d’un seul bond.

- Ah oui, monsieur, pardonnez mon retard… 

- Votre, votre retard, dit le père décontenancé.

- C’est sans importance… Lisez plutôt ceci.

Il lui tend une enveloppe et tandis que les parents se penchent sur la nouvelle, l’homme élégant lève les yeux vers le haut de l’escalier et sourit.

Joffrey en tombe à la renverse. « C’est lui, c’est lui, je reconnais son sourire ! »

 

Le père saisit la lettre que contenait l’enveloppe, la déplie et regarde stupéfait la belle écriture qui s’étale sur toute la feuille.

- Mais lis, lis donc à haute voix, Dit la mère impatiente.  Je ne vois rien derrière ton épaule ! 

- C’est pour toi… Chuchota le père.

- Quoi pour moi ? Mais je n’attends de courrier de personne. Lis, mais lis donc ! 

 

Malgré une voix mal assurée, celle-ci  fit écho dans le salon. On n’entendait même plus le bois crépiter dans la cheminée. Le chat s’était pelotonner dans le divan, dehors, c’était le silence le plus total.

Madame Petitdans

Ne vous êtes-vous jamais demandé d’où provenait votre nom de jeune fille Madame ?

N’avez-vous jamais pensé être de noble lignée ?

N’avez-vous jamais songé à une riche parenté ?

N’avez-vous point de famille quelque part sur un autre continent ?

 

La voix du père fait place au silence.

- Il est en train de perdre sa voix ! S’exclama à haute voix  Joffrey affolé.  « Zut, ils m’ont entendu » se dit-il en portant la main sur sa bouche.

 

Sans le regarder, la mère lui fait signe de les rejoindre. Joffrey descend les marches sans bruit, regarde l’homme élégant avec de grands yeux pleins d’espoir. L’homme élégant lui sourit et cligne de l’œil d’un air complice.

- Va à côté de ta mère mon petit, va… 

- Mais tu es un enfant abandonné, dit le père en se tournant vers son épouse. Tu ne connais même pas ta famille ! Qu’est-ce que ce courrier signifie ? 

- Continue !  Lança la mère au bord de l’évanouissement

 

Le père se racle la gorge.

- Bon, je continue… 

Madame Hermine Petitdans née Hermine Dudomaine, en ce jour, vendredi 13 juillet de l’an 1938, il est dit que vous avez hérité d’une somme de 100 000 francs. Cette somme provenant de la défunte marquise Henriette Dudomaine, décédée aux Amériques le Lundi 3 mars de l’an 1938. La marquise Dudomaine étant veuve et sans enfant, vous êtes madame Petitdans Dudomaine la seule héritière connue et reconnue.

La malle contenant ses effets personnels ainsi que les pièces d’or vous seront remis le jour même de l’ouverture de la lettre.

- Nous avons eu bien du mal à vous trouver, Glissa le monsieur élégant.

Une malle venue de nulle part trône au milieu du salon. Personne ne s’est aperçu de sa présence, personne, sauf Joffrey. Il lâche la jupe de sa mère et se dirige vers la malle, l’ouvre, promène sa main et finit pas rencontrer un lourd objet dont les parois glissent sous ses doigts. De ses deux mains, Joffrey le saisit, le soulève, referme la malle et pose l’objet dessus. Un coffret serti de pierres. Pas de clé, juste un poussoir. Joffrey ouvre le coffret. 

 

Le cri qu’il pousse manque de faire tomber ses parents à la renverse. Arthur et Hermine se précipitent vers leur fils, aveugles, ils ne prêtent pas attention à la fortune qui s’étale devant leurs yeux.

- Mon fils mon fils, crie le père, qu’est-ce que tu as ? 

Les yeux remplis de larme, Joffrey monte du doigt le coffret ouvert sur la malle…

 

L’homme élégant avait disparu sans mot dire. Il s’était éclipsé pour laisser place au bonheur d’une famille, peut-être n’était-il qu’un songe, peut-être était-il un envoyé du ciel. Qui sait ?…. Mais ce qui est sur c’est que la vielle chaumière allait s’éclairer de mille feux et que Joffrey, pour la première fois de sa vie allait avoir le plus beau des anniversaires dont on puisse rêver ! Et vous savez quoi ? Vous savez ce qui colorait en ce jour sa peau un peu trop blanche ? Cette fortune tombée du ciel ? Certes, ne faisons pas la fine bouche, mais encore ? Il savait que son père ne boirait plus de cette boisson qui lui brouillait l’esprit, il savait qu’ils ne manqueraient plus jamais de rien et surtout que l’amour qui avait perdu sa place au sein de leur chaumière allait pouvoir se tapisser de lumière.

 Epilogue. 

Joffrey devint un avocat renommé. Ses parents poursuivirent des jours heureux dans la maisonnette familiale qu’ils n’avaient pas voulu quitter. Le père, ayant acheté un magnifique tracteur à chenilles, avait redonné à la terre sa richesse d’antan. Il ne buvait plus. Quant à la mère elle avait décidé d’aider des gens dans le besoin, non pas en leur donnant des pièces d’or mais en leur achetant des outils neufs pour travailler. C’est sûr, ces personnes étaient des sages. Mais l’homme élégant connaissait leurs cœurs. Jamais il ne s’était trompé…

Et durant toute sa vie, avant de se coucher, comme un rituel, Joffrey regardait la lune les yeux pleins de gratitude et je puis vous assurer qu’elle lui sourit toujours, même à l’heure d’aujourd’hui !

 

 


Deuxième conte

-         Maman, pourquoi est-ce que les grands ne rêvent plus ?

-         Comment peux-tu dire une chose pareille mon chéri ! Bien sur que les adultes rêvent

-         Peut-être maman, mais pas comme nous, je veux dire, pas comme les enfants

-         Certes, nos rêves sont bien différents, mais…

-         Mais moi, tu sais je n’ai pas envie de devenir grand. Vos rêves ne me font pas rêver.

  

La maman s’agenouille près de son enfant. Elle le regarde tourner inlassablement sa cuillère dans son bol de chocolat. Le regard de Joachim est déjà loin. Il traverse les murs de la cuisine, de la maison, du quartier. Joachim se transporte dans une contrée verdoyante. Il vole au-dessus de fleurs aux formes excentriques, aux couleurs d’arc en ciel. Les vallées succèdent à d’autres vallées, des ruisseaux bouillonnants se disputent la course, des papillons aux ailes rondes, multicolores se font la cour.

 

-         Joachim, finis donc ton petit déjeuner. Tu vas être en retard à l’école et moi au travail…

 

Joachim cligne des yeux. Un léger voile humide semble brouiller son regard. A regret il saisit son bol de chocolat et le boit d’une seule traite.

 

-         On y va maman, on y va…

 

II

Sur le banc de sa classe, tout au fond près de la fenêtre, Joachim s’applique à dessiner une voiture.

 

-         Qu’elle soit le plus ressemblant possible, dit Madame Gilberte, le professeur de dessin. N’oubliez pas les détails. Rétroviseurs, essieux, phares, etc, etc… Cet exercice est un exercice de mémoire et de précision. Allons allons les enfants, nous n’allons pas y passer la journée !

 

« Une voiture, ça pollue » se dit Joachim. Et puis ça va trop vite, on n’a même pas le temps d’admirer le paysage. Pourquoi les adultes sont-ils toujours pressés ? J’ai une idée, je vais dessiner des roues énormes, des roues en forme de boule de coco. Une roue jaune, une rose, une verte et une bleue. Les essieux seront des cerises bien rouges. Pour les rétroviseurs extérieurs, je mettrais deux grosses abeilles. C’est elles qui monteront la garde. Une grosse bouche pour le rétroviseur intérieur. C’est elle qui me préviendra.

 

-         Joachim, dit la maitresse, tu me fais quoi là ? Une voiture de dessins animés ? Mon pauvre petit, toujours la tête dans les étoiles. Il faudrait songer à te réveiller mon enfant ! Au dernier atelier tu m’avais déjà fait un bateau de pirate à la place du Titanic. Cela ne te plait pas le dessin ?

-         Le dessin, mais si Madame. J’adore dessiner

-         Je sais je sais, dit le professeur, et d’ailleurs tu dessines merveilleusement bien, bon, mais tu es toujours hors sujet, c’est ça le problème… Tu comprends mon petit Joachim, à l’école il n’y a pas trop de place pour l’imaginaire… De plus, tes dessins sont plus ceux d’un enfant de 7 ans que ceux d’un enfant de 11 ans. Il faudrait grandir mon petit, et surtout, arrêtez de rêver !

-         Ah, vous non plus vous ne rêvez pas, dit Joachim en fixant Madame Gilberte dans les yeux.

 

Le professeur est un peu gêné. Elle ne sait que répondre.

 

-         Mais si, mais si, je rêve comme tout le monde, mais….

-         Mais vos rêves ne vont pas plus loin que le bout de votre nez… Dit Joachim

 

Blessée, Madame Gilberte se raidit comme un balai et lance avant de se diriger vers son estrade ;

 

-         Allez, allez, ça va,  finis ton œuvre d’art là. De toute façon, parti comme tu es parti, tu ne feras pas grand-chose dans la vie !

 

« Je ne ferai certainement pas comme vous Madame Gilberte, ça c’est sûr… »

 

III

Joachim avait onze ans. Il n’avait pas de copains, il n’avait pas de papa. Le monde des hommes lui était quasi inconnu. Dans ses rêves, il croisait le fer avec le Pirate des Caraïbes, il risquait sa vie aux côtés de Sauron dans Le Seigneur des Anneaux. Des amis, il en avait pleins. Des pairs, il pouvait les compter sur les doigts de ses mains. Le monde imaginaire qui l’entourait lui semblait tellement plus magique que le monde « pour de vrai ».

D’ailleurs, qui peut dire si le monde « pour de vrai » est  le même pour tout le monde ? Nous voyons à travers nos yeux, mais nous voyons surtout à travers notre âme, nos rêves. Personne ne voit la même chose… Et Joachim voyait ce qu’il avait envie de voir…

 

C’était un petit bonhomme courageux. Il ne comprenait pas la lâcheté des hommes. Lui, il se sentait capable de sauver le monde. Mais il était encore trop petit. Alors, en attendant, il s’abreuvait du sang des braves. Mourir pour une noble cause, quoi de plus héroïque ?

 

Sa mère, Géraldine, s’inquiétait beaucoup à son sujet.

« Mon fils est différent, on dirait qu’il est sur une autre planète. Comment réagira-t-il lorsqu’il comprendra que le monde ne peut plus faire machine arrière, que les braves n’existent que dans les contes et que pour survivre il faut se battre oui, mais pas avec une épée… »

 

Mais tout au fond de son cœur, elle admirait son fils. Le papa de Joachim, poète marginale et anarchiste avait laissé sa vie lui glisser entre les doigts. Il était mort. Un accident ? Une maladie ? Que nenni. Son père était mort de chagrin lorsque Joachim avait 2 ans. Le monde moderne lui avait rongé le cœur. Armand ne s’était jamais senti « terrien »… Géraldine tremblait de peur à l’idée que son fils se laisse aussi aller à la dérive, alors, malgré elle, elle passait son temps à essayer de confronter Joachim à la réalité. Et voilà ce qu’invariablement Joachim lui répondait :

-         Je sais maman, je sais, tu as raison. Mais laisse-moi encore dans mon imaginaire. J’ai bien     le temps d’avoir les pieds sur terre !

-         Le temps, le temps ! Et tes études ?

-         Ne t’inquiète pas pour cela. Je sais ce que j’ai à faire. Fais-moi confiance

 

IV
Et Géraldine, un jour, finit par lui faire confiance. Elle avait tout tenté pour essayer de ramener son fils à la réalité, en vain. Elle avait employé la douceur, la fermeté, le dialogue, les punitions. Rien n’y faisait. Ainsi, elle décida d’accepter son fils comme il était.

 

Lorsque Joachim comprit que sa mère ne ferait plus jamais barrage à son monde à lui, il fit d’incroyables progrès à l’école. Enfin, surtout en histoire, en géographie, en français et en dessin. Ses mauvaises notes en Math et en Physique Chimie avaient même fini par faire sourire sa mère.

 

-         Je ne sais pas ce que tu seras plus tard, mais je peux dire que tu es un sacré bonhomme mon fils !

 

Joachim n’abandonna jamais l’imaginaire… Grâce à son monde riche et fantastique, grâce à son insatiable curiosité, grâce à son âme d’enfant qu’il a su préserver tout au long de sa vie, Joachim devint tout simplement un extraordinaire scénariste, un réalisateur de film fantastique, sans aucun doute le plus célèbre de tous les temps.

Par TOUCHE A TOUT - Publié dans : Poèmes, Chansons et Contes
Ecrire un commentaire - Voir les 3 commentaires - Recommander
Retour à l'accueil

Présentation

  • : Elisabeth Fanger
  • elisabeth.fanger
  • : People
  • : Animatrice de radio. G.O au Club Med. Pigiste pour un hebdo (du genre: vous avez un problème, je suis là pour le résoudre.Commerciale (c'est pas mon truc).Trois sociétés montées.Ecrivain mais plus douée pour les scénarios.Inventeur polyvalent. Thérapeute.
  • Recommander ce blog
  • Retour à la page d'accueil
  • Contact

Recommander

Calendrier

Novembre 2009
L M M J V S D
            1
2 3 4 5 6 7 8
9 10 11 12 13 14 15
16 17 18 19 20 21 22
23 24 25 26 27 28 29
30            
<< < > >>

Recherche

Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus